Pourquoi préparer son jardin dès l’automne ?
Anticiper pour plus de sérénité. Les jardiniers confirmés du Sud du pays, grands tacticiens devant les affres de la sécheresse et de la chaleur, connaissent bien les parades à adopter pour préserver leurs jardins.
Le réchauffement climatique ayant des répercussions bien visibles, ces gestes simples devront être adoptés par la majorité des jardiniers du pays qui n’en tireront que des bénéfices et se faciliteront la tâche.
Vous voulez profiter de votre été sereinement ? Suivez le guide…

Pourquoi planter en automne plutôt qu’au printemps ?
Les végétaux récemment plantés ont un système racinaire en formation. Sachant cela, on comprend mieux pourquoi une plantation printanière demandera bien plus d’entretien au niveau des arrosages surtout le premier été.
À l’inverse, si vous plantez à l’automne, les conditions de reprise sont idéales. En effet, la terre est encore chaude et les pluies sont abondantes. Ainsi, vos plantes auront tout le temps de former des racines fortes, nombreuses. Elles s’étaleront aussi bien à la verticale pour puiser de la fraîcheur et des éléments nutritifs, qu’à l’horizontale. Vos végétaux seront plus facilement capables de résister aux conditions climatiques estivales. Cependant, attention, les végétaux peu rustiques devront être plantés au printemps afin de ne pas être détruits par le gel en hiver !
Comment favoriser l’enracinement des plantes avant l’été ?
Retrouvez toutes les étapes nécessaires à une bonne plantation.
Mycorhizes : une astuce pour renforcer les plantes
Si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté, voici une astuce qui va vous aider à obtenir des plantes plus fortes : en plus du compost et des autres amendements nécessaires selon la nature de votre sol, ajoutez de la poudre de mycorhizes lors de la plantation. Il s’agit de microscopiques champignons qui vivent en symbiose avec les racines des plantes. Ils permettent aux plantes d’absorber plus d’éléments nutritifs en prolongeant leur système racinaire. Vos végétaux vont ainsi se développer plus vite et seront bien moins sensibles aux diverses agressions (maladies, parasites) mais aussi aux conditions climatiques. Au passage vous ferez de belles économies en engrais et produits de traitement. Qui dit mieux ?

Quelles plantes choisir pour un jardin résistant à la sécheresse ?
Choisir ses plantes selon le type de sol
Pour un jardin opulent et facile à entretenir, choisissez toujours des végétaux adaptés à votre type de sol.
Votre terre est caillouteuse, sablonneuse, pauvre et chez vous, il fait très chaud en été ? Optez pour des plantes purement xérophiles bien adaptées à la sécheresse et à la chaleur des régions du Sud comme l’helichrysum ou l’Aloé ‘Safari Sunrise.
Inspirez-vous dans notre catalogue de plantes pour terrain sec.
Adapter les plantes à l’exposition du jardin
À contrario, si votre jardin est ombragé et offre une terre fraîche, acide et humifère, tablez sur les Camélias, Azalées, Rhododendrons et Hortensias.
La notion d’exposition est à moduler en fonction de votre région : une plante de plein soleil, pourra fort bien accepter la mi-ombre dans les zones les plus méridionales, elle réclamera ainsi moins de gestes d’arrosages.

Pourquoi et comment pailler le sol pour conserver l’humidité en été ?
Quel paillage choisir pour limiter l’évaporation ?
Notre conseil : choisir un paillage organique épais (au moins 15 cm). Nous parlons bien ici de paillage organique (BRF, feuilles mortes, paille..) et non de bâches en PVC noir… Ces dernières, en plus de transformer votre jardin en sac poubelle géant fort peu esthétique, ne sont pas écologiques et réchauffent le sol en été.
Le paillage organique devra être étalé aux pieds des plantes dont le système racinaire est superficiel comme par exemple le framboisier ou de celles qui réclament une terre constamment fraîche comme les Hostas ou les Canas. Le paillage permettra :
- de limiter la concurrence en eau des herbes folles qui ne pourront plus germer ;
- de nourrir le sol en se décomposant au fil du temps ;
- de protéger la pédofaune et les micro-organismes présents dans le sol qui assurent son équilibre et sa fertilité ;
- et de maintenir la terre fraîche plus longtemps en limitant l’évaporation.
Vous y gagnerez en temps et en énergie et vous ferez également de conséquentes économies sur votre facture d’eau.
Pourquoi le paillage aide-t-il à économiser l’eau ?
Une épaisse couche de paillage organique, limite l’évaporation de l’eau et conserve sa fraîcheur à la terre. En boostant la vie du sol et en protégeant les micro-organismes qui peuplent la terre, il améliore la structure du sol. Il le rend plus meuble, plus humifère et plus apte à conserver l’eau.
Autre atout : en empêchant la pousse des adventices, il préserve vos plantations de leur concurrence en eau et en nutriments.

Comment aménager son jardin pour économiser l’eau ?
Installer un récupérateur d’eau de pluie
De plus en plus récurrentes, les restrictions en eau occasionnent bon nombre de pertes au jardin en été. Vous trouverez la carte des restrictions par zone en temps réel ICI
L’automne est la saison idéale pour aménager une cuve de récupération d’eau de pluie. Plus elle sera volumineuse, plus vous serez aptes à tenir longtemps. Si vous n’avez pas les moyens d’installer ce type de citerne enterrée, il existe de simples récupérateurs d’eau de pluie. Ces derniers sont à placer sous les gouttières pour conserver un maximum d’eau venue du ciel. Il existe même des récupérateurs au design travaillé qui s’installent sur un simple balcon.
N’oubliez pas que cette eau a un gros avantage : elle ne contient pas de calcaire ni de produits de traitements chimiques comme l’eau du robinet, elle peut donc être utilisée sur les plantes de terre de bruyère sans risque sans risque.

Comment récupérer et stocker l’eau de pluie au jardin ?
Un récupérateur installé sous une gouttière suffit pour collecter l’eau du toit : choisissez sa capacité en fonction de la surface à arroser et de la pluviométrie de votre région. Pour préserver cette réserve, placez-la à l’ombre et couvrez-la afin d’éviter l’évaporation, les débris et la prolifération des moustiques. Stockée ainsi, l’eau de pluie pourra être utilisée en priorité pour les plantations, les massifs et le potager lorsque les températures grimpent et que les précipitations se raréfient.
Comment aménager un terrain en pente pour retenir l’eau ?
Il est difficile de conserver des plantes sur les terrains pentus où l’eau ruisselle sans s’attarder. La terre sèche alors très vite en été, et en hiver, l’érosion et le lessivage emportent la majorité des nutriments….
Les restanques
La création de paliers de culture soutenus par des murets de pierres sèches comme les restanques provençales offrent une solution de choix ! D’autant que ces murets vont servir d’abris à une faune très variée, favorisant ainsi la biodiversité.
Vous pourrez planter sur ces paliers des odorantes lavandes, de spectaculaires Agapanthes, ou de vaporeux Céanothes pour créer un jardin d’inspiration méditerranéenne. Vous pouvez également y installer des arbres fruitiers pour réaliser votre verger, ou des vivaces ornementales plus classiques en jouant sur les contrastes de couleurs et de formes.
Les baissières ou ‘Swale’
Autre méthode, celle de la création d’une baissière ou ‘swale’, qui permet en utilisant la pente, de conduire l’eau de ruissellement dans un fossé spécialement créé pour l’occasion. Ce dernier sera surmonté d’une butte accueillant les cultures. Il est ainsi possible de créer plusieurs baissières sur son terrain qui seront délestées par des fossés en cas de trop plein, eux-même reliés à une cuve de récupération d’eau de pluie.
Bref, les idées ne manquent pas pour récupérer la précieuse eau de pluie.
Comment faire si ma terre sèche vite et que je perds mes plantes ?
Comment planter dans une terre sèche ?
Une terre qui sèche vite est souvent sablonneuse ou caillouteuse. Pour planter dans ce type de sol vous avez deux choix
- planter des végétaux adaptés comme des plantes grasses, méditerranéennes (ou assimilées) et autres plantes xérophiles de terrains pauvres supportant la sécheresse
- améliorer au mieux votre sol en ajoutant une bonne dose de compost et de terreau horticole d’excellente qualité, ce qui demande bien plus de travail et d’entretien que la première solution.

Si vous habitez en bord de mer, les embruns, le vent et parfois la salinité du sol imposent de nouvelles contraintes. Pas de panique ! Nous vous proposons toute une gamme de végétaux adaptés à ces situations.
N’oubliez pas de creuser une cuvette autour du pied de chaque plante pour retenir au mieux les eaux d’arrosage et paillez copieusement leurs pieds.
Attention : cette méthode est contre productive sur les cactus et les plantes grasses. Chez ces plantes déjà gorgée d’eau et adaptées à la chaleur et la sécheresse, il ne faudra jamais réaliser de cuvette ni pailler, car vos végétaux risqueraient alors de très vite pourrir.
Comment protéger les plantes de la chaleur et du soleil ?
Créer de l’ombre pour limiter l’évaporation
- plantez des végétaux de grand volume comme des arbustes, qui protégeront les plantes plus petites ;
- créez des aménagements comme une pergola, ou simplement 4 piquets en bois qui recevront une toiture végétale (brande de bruyères, palmes, canisses…) et protégeront vos plantes les plus sensibles ;
- au potager, plantez les laitues sous vos tipis de haricots à rames et vos radis entre vos pieds de tomates.
- installez une voile tendue ou un filet d’ombrage, voire même ponctuellement un simple parasol le temps que la canicule disparaisse. Ceci est valable au jardin d’ornement comme sur un balcon.
Utiliser les couvre-sol pour protéger la terre
Plantez des végétaux couvre-sol pour ombrager la terre naturellement et limiter l’évaporation. Ces plantes formidables forment au fil du temps de véritables tapis, parfois même délicatement fleuris et parfumés. Leurs port tapissant, leurs rhizomes traçants, sont autant de manière de s’étendre rapidement et de créer une couche protectrice. Si vous désirez en savoir plus, lisez notre article : ‘Les meilleures plantes couvre-sol, vivaces rampantes et tapissantes.’
Notre conseil : si vous possédez encore un gazon, ne tondez pas votre pelouse à ras, gardez une bonne épaisseur afin de créer un ombrage sur le sol et limiter l’évaporation.
Comment réduire les besoins en arrosage au jardin ?
Oyas, rétenteurs d’eau et goutte-à-goutte : quelles solutions choisir ?
- En pleine terre comme au balcon, vous pouvez utiliser des rétenteurs d’eau. Ces petites granules se gonflent lors de l’arrosage pour contenir 500 fois leur volume en eau et la restituer au fur et à mesure des besoins. Vous trouverez cette poudre magique en coopératives agricoles ou sur Internet ainsi que dans quelques jardineries.
- Si vous préférez les techniques ancestrales, pensez aux oyas, ces récipients en terre cuite de taille diverses que vous pouvez enterrer au jardin. Une fois remplies, ces jarres poreuses distillent directement aux racines l’eau dont elles ont besoin. Notez que de petites oyas existent pour les plantes en pots !
- Arroser est pour vous une contrainte insoutenable ? Pensez à installer un système d’arrosage automatique par goutte à goutte branché sur un programmateur. Il se déclenchera, pile au bon moment, c’est à dire à la tombée de la nuit sans que vous n’ayez à intervenir. À vous les soirées paisibles ou festives et les longues vacances sans avoir à soudoyer un voisin !
- Retenez une notion importante : à part les cactus originaires des zones désertiques, aucune plante ne peut se passer totalement d’eau de longs mois durant sans souffrir, surtout en été, en plein soleil dans les régions méridionales. Une belle rocaille de cactées, plantes grasses et yuccas peut constituer la solution idéale si vous ne voulez pas arroser ni mettre en place un système automatique.
FAQ- Pourquoi c'est mieux de planter en automne ?
Faut-il laisser les feuilles mortes sur le sol en automne ?
Oui, mais pas partout. Dans les massifs et sous les arbustes, les feuilles peuvent former une protection naturelle du sol et nourrir progressivement la vie du sol. En revanche, sur le gazon, une couche épaisse risque de l’étouffer : mieux vaut les ramasser ou les broyer finement avec la tondeuse.
Quelles plantes ne faut-il pas planter en automne ?
Les plantes peu rustiques ou gélives sont à éviter en plantation automnale, surtout dans les régions où les gelées hivernales sont fréquentes. Pour ces végétaux sensibles, mieux vaut attendre le printemps et la fin des risques de gelées. Ils disposeront ainsi de toute la belle saison pour s’enraciner et se renforcer avant leur premier hiver.
Ne vous fiez pas uniquement à la surface du sol. Enfoncez un doigt ou un petit outil sur quelques centimètres : si la terre est encore fraîche et humide en profondeur, inutile d’arroser. Cette vérification simple permet d’éviter les arrosages trop fréquents, particulièrement néfastes pour les jeunes plantations.
Planter en automne permet-il de moins arroser en été ?
Une plante bien enracinée est généralement plus autonome face au manque d’eau. En plantant dès l’automne, ses racines ont davantage de temps pour explorer le sol en profondeur. Cela peut donc permettre de réduire les besoins en arrosage, sans pour autant les supprimer : une jeune plantation doit rester surveillée pendant ses premières années, particulièrement en période de sécheresse, de vent sec et de canicule.
Faut-il arroser les plantations réalisées en automne ?
Oui. Les pluies automnales ne remplacent pas l’arrosage. Après la plantation, réalise un arrosage copieux pour mettre la terre en contact avec les racines. Un automne sec peut nécessiter plusieurs arrosages abondants. Ils sont importants pour favoriser une bonne reprise.
Peut-on planter durant tout l’automne ?
Oui, tant que les conditions restent favorables. Il est préférable d’éviter de planter lorsque le sol est gelé, complètement détrempé ou lors d’un épisode météorologique extrême. Plus la plantation intervient suffisamment tôt dans la saison, plus le végétal dispose de temps pour commencer son enracinement avant l’hiver.


Comment savoir si une plante nouvellement plantée a besoin d’être arrosée ?